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Tandis que d’un côté de la Garonne certains pleurent, d’autres exultent. Alors que les Girondins de Bordeaux doivent réaliser l’impossible pour jouer les barrages et se maintenir en Ligue 1, l’autre grand club historique du Grand Sud-Ouest, le Toulouse Football Club va retrouver l’élite du football français après deux saisons exceptionnelles.
Le 30 avril 2020, au terme d’une année difficile et d’une fin de saison anticipée par la crise sanitaire de la COVID-19, le Toulouse Football Club (TFC) termine dernier du championnat et redescend officiellement en Ligue 2.
Après plusieurs saisons en demi-teintes et des sauvetages inespérés, comme l’exploit de 2016 du TFC de Pascal Dupraz face à Angers, le couperet est finalement tombé sur le club des Violets. Mais ce chapitre douloureux dans la longue histoire du TFC a sonné avant tout comme un nouveau départ pour le club.
L’ère Comolli
Président du club depuis 20 ans et architecte de sa renaissance aux débuts des années 2000, Olivier Sadran quitte le TFC en juillet 2020. Le club est racheté par un fonds d’investissement américain, RedBird Capital Partners. Damien Comolli, l’ancien directeur sportif de Liverpool et du Fenerbahçe SK est alors nommé président avec comme lourde tâche de redresser la barre du navire Téfécé.
L’ère Comolli aura été avant tout marquée par une ambition, celle de retrouver la Ligue 1 dès la saison prochaine. Pour y arriver, de gros moyens ont été mis en place notamment avec le plus gros budget de la Ligue 2 pour l’année 2020, soit près de 27 millions d’euros.
Le président Comolli misera aussi sur le centre de formation, valeur sûre du club depuis des années, mais également sur un pan plus novateur : la technologie. Le TFC engage des recruteurs et avec l’utilisation de la data, va dénicher massivement des perles qui feront les belles heures de la saison comme le néerlandais Stijn Spierings, le belge Brecht Dejaegere ou l’anglais Rhys Healey qui finit meilleur buteur de la ligue 2.
S’il était proche, l’objectif n’aura pourtant pas été atteint pour cette première année en D2. Le Téfécé finit la saison 2020/2021 à la troisième place et échouera aux portes de l’élite lors du match barrage face à Nantes.
Mais de nouveaux remaniements et une saison 2021/2022 exceptionnelle récompensent enfin les efforts de reconstruction du club toulousain. Déjà assurés de la remontée, couronnés meilleure attaque de l’histoire de la ligue 2 avec plus de 80 buts marqués, les Violets doivent encore patienter et joueront le titre samedi 7 mai 2022 contre Nîmes après une défaite lundi face à Rodez. Si l’histoire reste encore à écrire pour vraiment assurer son retour dans l’élite, les anciens supporters auront peut-être un sentiment de déjà-vu alors que Toulouse avait connu une épopée similaire il y a 20 ans…
Les années Sadran et les Pitchouns à la rescousse
En 2001, l’état du Toulouse Football Club (TFC) est plus que critique, sur le plan sportif comme financier. Relégable en deuxième division, le club est finalement rétrogradé administrativement en National, avec un déficit de 70 millions de francs et la perte de son statut professionnel comme épée de Damoclès si Toulouse ne retrouve pas vite la D2.
Le salut viendra d’un enfant du pays : Olivier Sadran, jeune chef d’entreprise toulousain, vole au secours de son club de coeur et se lance dans sa reconstruction comme il le confiait à la Dépêche à l’époque : « Le TFC a besoin d’esprit, de corps, de volonté. Ce club a besoin d’une âme. Et ça, ça ne s’achète pas! Il faudra du temps, mais on y arrivera». Alors que la saison de tous les risques vient de débuter, la catastrophe de l’usine AZF secoue la Ville Rose, ses habitants mais aussi son club. Avec le Stadium touché, le TFC jouera chez leurs voisins du rugby au Stade des Sept deniers.
Si les intentions sont bonnes, la reconstruction s’annonce tout de même compliquée. Et pourtant, l’objectif est plus qu’atteint. Avec une équipe emmenée par Erick Mombaerts sur le banc et le capitaine et gardien Christophe Revault, passé par le PSG, les Violets vont connaître deux promotions successives pour retrouver celle qu’on appellera désormais la Ligue 1 à la fin de la saison 2002/2003. Cet exploit sportif reste dans les esprits comme l’épopée des Pitchouns. Avec une grosse partie de l’effectif du TFC envolée, le club se concentre sur ses jeunes issus du club de formation. Et cela paye, ces jeunes joueurs de 19/20ans qui forment la majorité de l’effectif pourront également compter sur des profils d’expérience comme William Prunier, passé par Bordeaux et, brièvement, Manchester United, ou Stéphane Lièvre, vainqueur de la Coupe de France avec Nantes en 2000, restés fidèles au club, pour les mener vers les victoires et la montée.
Après quelques saisons en demi-teinte, les Violets pérennisent le succès jusqu’à l’historique saison 2006-2007. C’est avec un entraîneur bien connu de l’autre côté de la Garonne, l’ancien bordelais Elie Baup, que le TFC fait tomber les grands noms du football. L’apogée aura lieu lors de la dernière journée avec le match d’anthologie contre son rival du fleuve, les Girondins de Bordeaux. Victoire 3-1, une troisième place pour le Téfécé qui décroche son billet pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions. En cinq années, le club de foot de la Ville Rose sera repassé de l’ombre à la lumière.
